Tester un anti-condensation sans enceinte climatique : le protocole
Équipe So Sponge · 13 octobre 2026 Boîtiers & Capteurs

Tester un anti-condensation sans enceinte climatique : le protocole

La réponse courte

Pas besoin d’enceinte climatique pour savoir si une solution anti-condensation fonctionne dans votre boîtier. La condensation demande deux choses : de l’air humide à l’intérieur, et une paroi qui refroidit sous le point de rosée de cet air. Un réfrigérateur ou une nuit froide, plus quelques gouttes d’eau, suffisent à les reproduire. Prenez deux boîtiers identiques, l’un équipé de la solution, l’autre non. Placez un petit enregistreur d’humidité et de température dans chacun. Amenez-les à un état chaud et humide, fermez-les, refroidissez-les rapidement, et recommencez sur plusieurs cycles. Comparez ensuite l’humidité maximale, le temps passé près de la saturation et des photos de la paroi la plus froide. Si le boîtier traité reste clair pendant que le témoin s’embue, cycle après cycle, vous avez votre réponse.

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Pourquoi ce protocole

Beaucoup d’équipes qui nous ont demandé des échantillons n’avaient pas accès à une enceinte climatique, ou l’enceinte était réservée pour des essais de qualification pendant des semaines. Elles avaient pourtant besoin d’une réponse rapide et crédible avant de lancer une qualification complète. Ce protocole est celui que nous recommandons dans ce cas. Il ne remplace pas un essai de qualification, mais il donne un résultat comparatif net en quelques jours.

Le matériel

  • Deux boîtiers identiques, idéalement le vrai boîtier de votre produit, fermés avec les mêmes joints et la même visserie. Si votre boîtier a un évent, gardez-le sur les deux.
  • La solution anti-condensation pour l’un des deux. Pour les stickers AS-B, partez d’environ un sticker de 10 cm² par litre de volume intérieur.
  • Deux petits enregistreurs d’humidité et de température, un par boîtier, avec une mesure par minute ou toutes les cinq minutes. Vérifiez qu’ils affichent la même valeur après une heure côte à côte avant le test.
  • Une source de froid : un réfrigérateur domestique (environ 4 à 6 °C), une chambre froide, ou une nuit dehors sous 10 °C.
  • Une source de chaleur et d’humidité : une pièce chaude, une salle de bains après une douche, ou une caisse fermée avec un bol d’eau chaude.
  • Un téléphone pour photographier la paroi ou la vitre la plus froide.
  • Une seringue ou un compte-gouttes si vous utilisez la méthode par dosage.

Étape 1 : préparer les deux boîtiers de la même façon

Installez la solution dans un seul boîtier. Collez-la sur une paroi intérieure, loin de la surface froide que vous voulez surveiller (en général la vitre ou la lentille), et loin des sources de chaleur. Placez un enregistreur dans chaque boîtier, au même endroit. Marquez-les clairement : « témoin » et « traité ».

Boîtier de capteur ouvert : sticker AS-B collé dans le couvercle, loin de l'électronique, à côté d'une sonde d'humidité et de température

Tout le reste doit être identique : même volume, même contenu, mêmes joints, même position pendant le test.

Étape 2 : charger les boîtiers en humidité

Deux méthodes au choix.

Méthode A, air humide (la plus proche du réel). Laissez les deux boîtiers ouverts quelques heures dans une pièce chaude et humide, vers 25 à 30 °C et au-dessus de 70 % HR. Une salle de bains après une douche chaude convient. Fermez les deux boîtiers au même moment, dans cette atmosphère.

Méthode B, dosage (plus reproductible). Placez une toute petite coupelle ouverte dans chaque boîtier, sans contact avec le sticker ni l’enregistreur, et ajoutez environ une goutte d’eau (environ 0,05 mL) par litre de volume intérieur. Fermez les boîtiers et laissez-les quelques heures vers 25 à 30 °C.

Ne surdosez pas. Saturer un litre d’air à 30 °C demande environ 0,03 g d’eau. Une goutte par litre suffit déjà largement à provoquer de la condensation au refroidissement. Surtout, n’ajoutez pas plus d’eau que le dessiccant présent dans le boîtier ne peut en retenir. Un sticker AS-B retient au maximum environ 0,17 g d’eau : un millilitre dans un boîtier équipé d’un seul sticker teste la capacité du sticker, pas son comportement sur le terrain.

Étape 3 : refroidir rapidement

Placez les deux boîtiers ensemble au froid : réfrigérateur, chambre froide, ou dehors à la tombée de la nuit. Refroidissez-les côte à côte, dans la même orientation, pour que la même paroi soit exposée à l’air le plus froid dans les deux cas.

La condensation se forme pendant le refroidissement, en général dans la première heure. Si votre boîtier a une vitre ou une lentille, c’est là qu’elle apparaîtra d’abord.

Étape 4 : observer au moment le plus froid

Environ 30 à 60 minutes après le début du refroidissement, photographiez la vitre ou la paroi la plus froide de chaque boîtier, sans les ouvrir. Avec un réfrigérateur, ouvrez la porte, prenez les photos et refermez rapidement.

Cherchez :

  • de la buée ou des gouttelettes sur la vitre ou la lentille ;
  • des gouttelettes sur les parois intérieures ;
  • des gouttelettes sur le joint du couvercle.

Étape 5 : réchauffer et recommencer

Ramenez les deux boîtiers dans la pièce chaude pendant plusieurs heures. C’est à ce moment qu’un matériau autorégénérant restitue ce qu’il a capté. Puis refroidissez à nouveau.

Faites au moins trois à cinq cycles. Un boîtier neuf condense peu au premier cycle, et la différence entre un dessiccant consommable et un dessiccant autorégénérant apparaît au fil des cycles. N’ouvrez pas les boîtiers entre deux cycles, sauf si vous voulez tester l’effet des ouvertures de maintenance, ce qui est un test utile en soi.

Étape 6 : lire les résultats

Récupérez les fichiers des deux enregistreurs et comparez quatre critères :

CritèreCe qu’il vous dit
Humidité relative maximale atteinte pendant chaque phase froideSi l’air atteint la saturation
Temps passé au-dessus de 95 % HR, ou du point de rosée de l’airCombien de temps dure le risque
Buée visible sur la vitre ou la paroi la plus froideSi la condensation est visible là où elle compte
Évolution au fil des cyclesSi la solution continue d’agir, ou se remplit et s’arrête

Un bon résultat ressemble à ceci : le témoin atteint la saturation et s’embue à chaque cycle, tandis que le boîtier traité reste sous la saturation, ou l’atteint plus tard et moins longtemps, avec une vitre claire ou presque.

Gardez en tête ce que fait le matériau : il capte la vapeur d’eau au-dessus d’environ 60 % HR et la retient temporairement pendant la phase froide, puis la restitue pendant la phase chaude. Attendez-vous donc à voir l’humidité du boîtier traité remonter aussi pendant la phase chaude. C’est la régénération, pas un échec.

Les erreurs fréquentes

  • Trop d’eau. L’erreur la plus courante. Voir l’étape 2.
  • Des boîtiers qui ne sont pas identiques. Un volume, un joint ou une position différents rendent la comparaison sans valeur.
  • Un seul cycle. Un cycle ne montre pas la régénération, et le premier cycle est souvent le moins humide.
  • Le sticker sur la paroi la plus froide. Collez-le sur une paroi latérale, pas sur la vitre que vous voulez garder claire.
  • Une solution sous-dimensionnée. En dessous d’un sticker par litre, le résultat dépend trop des conditions.
  • Ouvrir le boîtier pour regarder. Chaque ouverture remplace l’air intérieur. Photographiez à travers la vitre, ou n’ouvrez qu’à la fin.

Aller plus loin

Une fois ce test comparatif positif, une qualification en enceinte climatique vous donne les chiffres précis pour votre cahier des charges : vitesse de rampe, plage de température, nombre de cycles. Notre test en chambre climatique évent Gore vs AS-B montre à quoi ressemble un tel essai, avec trois boîtiers IP66 refroidis de 30 °C à 0 °C en 1 h 20.

Si votre boîtier a déjà un évent à membrane, lisez Bouchon compensateur de pression (Gore Vent) : rôle et limites avant de commencer : gardez l’évent sur les deux boîtiers, pour tester le dessiccant dans votre configuration réelle.

Pour la théorie du point de rosée, et pourquoi la paroi la plus froide s’embue en premier, voir Température de point de rosée.

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Sources :

  • So Sponge, Bouchon Gore-Tex vs SRD AS-B : test en chambre climatique.
  • Capacité de l’AS-B : environ 0,22 g de SRD par sticker × 0,78 g/g de prise maximale (isothermes mesurées, 2026), soit environ 0,17 g d’eau.
  • Teneur en vapeur d’eau de l’air saturé à 30 °C : environ 30 g/m³, soit 0,03 g par litre (tables psychrométriques usuelles).
  • So Sponge, isothermes d’adsorption mesurées du SRD (2026) : seuil d’activation autour de 60 % HR.

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